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Les Français et l’investissement dans les entreprises

Le gouvernement souhaite orienter l’épargne des ménages vers les entreprises. Cependant, les particuliers semblent encore un peu frileux par rapport à ce type d’épargne. Mais qu’en est-il du financement participatif ? Enquête sur notre blog.

Des chiffres mitigés

Dans un sondage IPSOS, réalisé au mois de mars, force est de constater que 44% des Français sont contre l’avis que l’épargne doit participer au financement des entreprises, quand 30% à peine y sont favorables et que 26 avouent leur ignorance concernant ce sujet. L’enquête confirme que les épargnants privilégient les placements sûrs et liquides. Car ce que veulent avant tout les Français, c’est l’assurance et la sécurité d’une épargne solide, qui n’est pas forcément assurée par un financement d’entreprises. Les Français épargnent moins. Ils arrivent en moyenne à mettre 1190 euros de côté par an. Un montant en baisse de 40% par rapport au niveau de 2003. Entre 2012 et 2016, ils n’ont consacré en moyenne que 1,8 % de leurs actifs financiers contre 4% entre 2003 et 2007. Le fait est que pendant la crise, ces derniers se sont imposés une diète supplémentaire pour constituer une épargne de précaution. Depuis 2012, ils ont le sentiment qu’avec la politique monétaire menée, épargner ne répondait plus aux enjeux et semblait inutile.

La sécurité avant tout ?

Car en effet, épargner répond avant tout, pour la population Française, à un objectif de précaution bien plus que d’investissement ou même de constitution de patrimoine. Il faut donc s’assurer un complément de retraite, faire face à des dépenses de santé et mettre de l’argent de côté en cas d’imprévus (44 %). Les Français souhaitent aussi épargner pour anticiper des situations difficiles pour leurs proches comme la dépendance (36 %). Ces préoccupations viennent avant l’objectif de financer des achats d’équipement ou des travaux (34 %), des projets de loisirs (33 %) ou encore aider ses enfants (26 %). Force est, alors, de noter une certaine frilosité du côté des investissements en entreprise, considérés comme risqués par les épargnants. Brice Teinturier, directeur général délégué d’ipsos explique : « Je crois que ce qui motive beaucoup la réponse négative c’est que, dans l’esprit [des sondés], le financement des entreprises, c’est risqué ». Ainsi, si l’état veut encourager les épargnants à investir dans les entreprises, un besoin de pédagogie et d’accompagnement s’impose. Car investir dans une entreprise peut s’avérer avantageux. En effet, aujourd’hui, une réduction d’impôt est toujours possible pour les contribuables qui consacrent une partie de leur épargne au financement des entreprises. Depuis 2017, pour investir avec réduction fiscale à la clef, les PME par exemple doivent avoir moins de 7 ans. Pour donner droit (sous conditions) à des réductions fiscales, les montants investis doivent l’être lors de la constitution de ces entreprises ou lors d’augmentation de leur capital.

Le financement participatif : un intérêt de plus en plus grandissant pour les Français

L’investissement participatif quant à lui est un mode d’investissement simple et accessible à tout le monde, qui permet à tout un chacun de participer, avec ou sans contrepartie à des financements de projets. Ce mode d’investissement via des plateformes internet connaît un véritable essor depuis quelques années. Cela n’est pas surprenant car des millions d’euros sont récoltés de cette façon tous les ans. Le crowdlending ou crowdfunding est particulièrement intéressant pour les entreprises : il consiste à prêter avec intérêt à destination des entreprises, afin de financer leur développement ou de réaliser des opérations particulières, comme le fait ClubFunding.

L’equity crowdfunding, dans lequel certaines plateformes ont choisi de se spécialiser, permet aux personnes intéressées d’investir au capital de start-ups qu’ils choisissent eux-mêmes. Ils deviennent de cette façon des actionnaires de ces sociétés. Les investisseurs sont donc à la fois acteurs et co-propriétaires du projet, et perçoivent ainsi une partie des bénéfices et plus-values réalisés par l’entreprise. Grâce à ces nouveaux modes d’investissements, l’actionnariat devient accessible à tous.

Découvrir l’étude complète d’IPSOS ici

ClubFunding finance le secteur audiovisuel

Le cinéma français se porte bien, et le financement participatif apparaît de plus en plus comme un mode de financement adapté au septième art. David Peronnin, CEO et co-fondateur de ClubFunding revient sur cette tendance forte.

Le cinéma français en pleine forme

Avec plus de 200 films produits chaque année et plus de 200 millions d’entrées générées dans l’Hexagone, le cinéma français a le vent en poupe. Il s’exporte même mieux que le septième art de ses voisins, lui permettant de rivaliser avec le cinéma américain. Pour David Peronnin, CEO de ClubFunding, l’audiovisuel français représente « une vraie opportunité ». « Avec de nombreux talents tant au niveau des acteurs, et par la singularité de ses réalisateurs que de ses sociétés de production, le cinéma français fait figure d’exception sur la scène mondiale ». En témoigne l’exemple de The Artist, réalisé par Michel Hazanavicius en 2012 et ayant raflé 105 récompenses à travers le monde entre 2011 et 2012, dont six Césars, sept Baftas, un Goya, trois Golden Globes, quatre Spirit Awards, un Prix d’interprétation masculine pour Jean Dujardin au Festival de Cannes et surtout… cinq Oscars à Los Angeles. Derrière un succès planétaire, se trouve une multitude d’acteurs de l’audiovisuel, dont la société Digital District- spécialisée dans les effets spéciaux – qui a contribué à la réalisation du film. Une entreprise qui n’a pas hésité à recourir au financement participatif par émissions obligataires, en passant par ClubFunding. « Nous sommes intervenus sur le rachat de titres de l’un des associés, un projet échelonné sur trois ans », explique David Peronnin. Grâce à cette opération, le dirigeant a pu renforcer sa structure financière en vue d’une levée de fonds ultérieure.

Un mix de financement où ClubFunding a toute sa place

Avant la sortie d’un blockbuster, de nombreux acteurs interviennent… et autant de sources de financements différents. Le cinéma français est en effet cofinancé à la fois par des crédits d’impôts, par des préachats ou des coproductions des chaînes de télévisions, par les investissements des SOFICA (Sociétés de financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuel) – des sociétés d’investissement destinées à la collecte de fonds privés consacrés exclusivement au financement de la production cinématographique et audiovisuelle – ou encore par le soutien de l’IFCIC (Institut pour le Financement du Cinéma et des Industries Culturelles), un établissement de crédit spécialisé dans le financement du secteur culturel. À l’instar de Bpifrance pour d’autres secteurs, l’IFCIC permet aux banques qui prêtent aux entrepreneurs de l’audiovisuel de se contre-garantir.

Face à ce mix de sources de revenus, le financement participatif apparaît comme un complément intéressant. David Peronnin cite la métaphore employée par Élisabeth Guéry, la Directrice adjointe de ON kids & family, un studio indépendant spécialisé dans les films d’animation, et qui a fait appel à ClubFunding en 2017 : « le mécanisme de création d’un film fonctionne comme la production immobilière ». Derrière la boutade, une réalité pour les acteurs du financement : un film, tout comme un projet immobilier, connaît d’abord une phase de conception, « d’écriture », que l’industrie finance sur fonds propres, la partie la plus risquée puisque la concrétisation du projet n’est pas encore certaine. Puis vient une partie production, qui fonctionne sur des financements externes. David Peronnin raconte comment ClubFunding a accompagné ce leader européen du film d’animation en lui apportant les financements nécessaires pour amorcer un nouveau projet en attente de financement bancaire. « Une sorte de prêt-relai », résume le CEO de la plateforme. Grâce à ce préfinancement, l’entreprise a lancé la production du deuxième volet d’une série à succès en partie financée par des chaînes de télévision européennes et Netflix, avant même la livraison de la première saison. « Contrairement aux prêts bancaires qui sont longs à mettre en place, le financement alternatif, comme ce que propose ClubFunding, peut être activé en quelques jours seulement, laissant ainsi une plus grande liberté aux entrepreneurs du secteur », avance David Peronnin. Autre point commun avec la promotion immobilière : la présence d’un actif valorisable dans le temps, le « catalogue », un aspect rassurant pour les investisseurs.

À nouveaux acteurs, nouveaux financements

Financer des projets audiovisuels permet aux investisseurs de ClubFunding de diversifier leurs placements sur un nouveau secteur, une nouvelle corde à leur arc ayant une dimension « financement plaisir », pour les cinéphiles, qui se sentent ainsi « un peu producteurs de cinéma ». Avec l’arrivée de nouveaux acteurs comme Netflix et Amazon, qui apportent leur lot de nouveaux contenus et contribuent au financement du cinéma français, le dynamisme du secteur se confirme. Pour David Peronnin, la finance participative a « un vrai potentiel » dans le financement de l’audiovisuel. L’objectif de ClubFunding pour être « acteur » de ce mouvement ?  « 5 à 10% de projets audiovisuels sur la plateforme d’ici 2019 ». Action !

« Le financement d’un projet audiovisuel se rapproche de la promotion immobilière »

Comparer le financement de projets audiovisuels à la promotion immobilière, telle est la métaphore osée par Élisabeth Guery, Directrice adjointe de ON kids & family, le leader européen de la série d’animation. Explications.

Audiovisuel et promotion immobilière, même combat ?

Élisabeth Guery, Directrice adjointe du studio indépendant ON kids & family, le leader européen des séries d’animation, possède une longue expérience du financement dans l’audiovisuel. « Le financement du secteur audiovisuel est proche de celui de la promotion immobilière : une vente sur plan ou scenario, un contrat à signer sans produit fini, et l’on doit construire une stratégie d’exploitation dans le même temps que l’on développe ou fabrique le produit ». Cette ancienne d’EuropaCorp file la métaphore : « dans le cas d’un programme vendu à une chaîne télévisée dès le départ, la mécanique se rapproche d’une vente sur plan ! ». Derrière la boutade, une réalité complexe. Si les deux grands acteurs institutionnels du secteur, Coficiné, – filiale de Natixis – et CofiLoisirs – adossé à ses actionnaires bancaires Neuflize-OBC et BNP Paribas- génèrent 90 % du financement de l’audiovisuel par prêt bancaire, le canal reste « limité ». La frilosité des banques s’explique par la part de risque inhérente au secteur. « Qui prêterait à celui qui fait le toit, si la personne qui fait les murs risque de vous faire faux bond ? »

ON kids & family, du pari de l’innovation à la renommée internationale

Élisabeth Guery poursuit : « si, contrairement au mètre carré dans l’immobilier, on ne connaît pas le coût exact d’un film, on connaît le prix des acteurs ». Une production avec un acteur « bankable » assurera au producteur d’attirer les financements sur le nom d’un talent. Lorsque ON kids & family produit Le Petit Prince, sorti en 2015, c’est un véritable carton. 130 millions de dollars générés au box-office à travers le monde, un film exploité dans plus de 80 pays, et surtout, des récompenses : le César du meilleur film d’animation en février 2016 et le prix Unifrance de la meilleure exportation de l’année. Fort de ce succès, le studio indépendant a eu accès à « des minimums de garantie de Warner, des quotes-parts de Paramount, de Kirey Group en Italie, et même d’Orange ». Une véritable consécration pour cette société qui, fondée en 1998 par Aton Soumache, a commencé avec des courts-métrages et des clips. Puis qui a su, à partir de 2004, s’imposer dans le paysage de la production audiovisuelle grâce à des « paris technologiques un peu fous », comme l’usage de la 3D avec Skyland en 2006 ou le film Renaissance, en noir et blanc, la même année.

Mais à côté des films d’animation, ON kids & family produit aussi des séries, aux cycles de production tout aussi longs que ceux des longs-métrages : 30 mois en moyenne, que ce soit pour 1h30 de film, ou 26 épisodes d’une demi-heure (soit 13 heures en tout). « Il faut 18 mois pour concevoir le premier épisode, et 12 mois pour les 25 suivants. Une fois le personnage principal fait, il est fait pour tous les autres épisodes, c’est une économie d’échelle industrielle », explique Élisabeth Guery. Un rythme bien différent entre l’animation et le cinéma « classique », où un cycle de production tourne autour de 9 mois. La longueur de ces cycles implique donc de lancer la production du deuxième volet d’une série avant la fin de l’exploitation du premier volet, et donc implique de trouver des fonds ailleurs qu’auprès des banques.

À la recherche d’alternatives au système bancaire 

Pour financer une partie du deuxième volet de « Les Sept Nains et moi », une série exploitée par Netflix, ON kids & family s’est tournée vers ClubFunding, la plateforme de financement participatif par obligations. « Nous avions été mis en relation par la banque Palatine », raconte Élisabeth Guery. « La plateforme nous paraissait séduisante et répondait à notre besoin de renouveler nos modes de financement. Nous avons tenté l’expérience, et finalement récolté 10% du volume total de notre projet ». Une sorte de « prêt-relai » pour pallier  la lenteur des banques. Après la rencontre avec David El Nouchi et David Peronnin, les fondateurs de ClubFunding, ON kids & family monte un dossier classique de crédit : information sur le projet, structure financière de la société, due diligence, rencontre avec le management… « Nous avons vraiment apprécié leur démarche d’entrepreneurs ! », se souvient Élisabeth Guery. Un mois après, le projet est en ligne. Et en seulement 5 jours, la plateforme a sursouscrit le montant demandé auprès des investisseurs. « Une très bonne surprise », pour ON kids & family, qui a d’ailleurs remboursé par anticipation, une fois son prêt principal auprès de la banque acquis.

Un film d’animation et cinq séries par an

Si pour l’instant, les montants proposés par le crowdfunding restent faibles à l’échelle d’un projet audiovisuel, Élisabeth Guery estime que ce mode de financement a tout à fait sa place dans le paysage audiovisuel, « surtout avec l’arrivée de nouveaux acteurs comme Amazon et Netflix », qui réinventent les règles du jeu et les contenus. « Le crowdfunding pourrait être adapté si nous lancions une web-série sur les réseaux sociaux », prévoit Élisabeth Guery. Si de nouveaux formats ne sont pas à exclure, le long-métrage et la série d’animation pour la télévision restent le cœur de métier de ON kids & family. Avec, pour objectif, « un film d’animation par an », reposant sur « deux jambes bien identifiées » : de gros films, comme le prochain opus attendu en avril 2019, Playmobil, une production à plusieurs dizaines de millions d’euros- actuellement en production à Montréal dans une des filiales -, et des films à économie resserrée, au cœur de financement français mais avec une diffusion internationale. Côté séries, Élisabeth Guery annonce « 4 à 5 productions par an ». Le studio travaille actuellement à la troisième saison de Miraculous, un succès international diffusé sur TF1 et par le groupe Disney dans le monde entier.